Lyon
2024
I LOVE LYON, Une vision ready-made de l’espace public
Présentée en 2006 et 2007 sur la place Bellecour, l’installation I LOVE LYON s’inscrit dans la lignée du ready-made : elle prend pour matériau brut un objet existant pour le transformer en oeuvre d’art à part entière. En ce lieu, c’est la statue équestre de Louis XIV, chef-d’œuvre de Lemot et repère incontournable de Lyon, qui devient un objet prêt-à-l’emploi, détourné de sa rigueur austère héritée du XIXe siècle.
L’acte artistique ne consiste pas à créer une œuvre ex nihilo, mais à révéler et recontextualiser ce monument familier. En l’enfermant dans une boule à neige monumentale, l’installation joue avec l’imaginaire collectif du souvenir kitsch et universel, et transforme un symbole figé en objet poétique, caricatural et magique.
I LOVE LYON démontre que l’espace public lui-même peut être traité comme un matériau artistique : un support vivant, traversé par le quotidien, mais aussi par les récits touristiques et identitaires. Cette appropriation directe du patrimoine agit comme un miroir critique et ludique de la ville, offrant aux habitants et visiteurs une nouvelle lecture du lieu.
Devenue emblématique, l’œuvre a marqué les esprits lors de sa présentation, au point de revenir aujourd’hui dans un festival rassemblant les installations “Best Of” depuis les débuts. Son impact symbolique et populaire lui a valu le Prix du Public 2025, confirmant la force intemporelle de ce geste artistique simple mais puissant.
L'installation a obtenu le Grand Prix du Public, qui récompense la plus appréciée des oeuvres du festival.
DÉCLINAISONS DE L'IDÉE ORIGINALE :
I LOVE Adelaide - 2022, Adélaïde (Australie)
Dans le cadre du festival Illuminate Adelaide en Australie, ce n'est plus un roi de France mais Sir Thomas Elder, figure marquante de l'histoire adélaïdienne du XIXe siècle, qui se retrouve enfermé dans une boule à neige monumentale, et propulsé au XXIe siècle.
Chaque déclinaison oblige à se réapproprier un patrimoine différent, et montre que, ville après ville, le geste garde sa force au contact d'une autre histoire.
I LOVE DURHAM - 2019, Durham (Royaume Uni)
Événement : Lumiere Festival
Client : Artichoke
Crédit Photo : Lee Dobson
À Durham, en 2011, Jacques Rival applique à nouveau le principe de la boule à neige monumentale, mais dans un contexte bien différent de Klaipėda : la statue du 3e marquis de Londonderry, à cheval, n'est pas un symbole consensuel de la ville. Personnage controversé, associé à une gestion brutale des mineurs employés dans ses mines, le monument fait alors l'objet d'un débat local sur son maintien, voire son déplacement. En l'enfermant dans son dôme de neige, Jacques Rival ne cherche pas à trancher ce débat, mais à en désamorcer la gravité par l'humour : la statue devient un objet ludique et familial, propulsé malgré lui dans le XXIe siècle. L'installation, réactivée à plusieurs éditions du festival Lumiere Durham depuis sa création, montre que le geste peut aussi bien réactiver une mémoire aimée qu'apaiser, avec légèreté, une mémoire plus disputée.
I LOVE KLAIPEDA - 2016, Klaipeda, Lituanie
Événement : festivités Klaipeda
Maître d’ouvrage : Jurossvente
Crédit Photo : Jurossvente
À Klaipėda, Jacques Rival reprend son principe de la boule à neige monumentale en l'appliquant à Ann de Tharau, statue emblématique de la ville, symbole touristique déjà très photographié. Enfermée dans son dôme de neige, la statue austère du début du XXe siècle devient caricaturale et magique, tout en restant immédiatement reconnaissable. L'installation réactive ainsi sa mémoire locale tout en devenant elle-même un nouveau point de centralité et d'attraction dans la ville.
I LOVE LYON - 2006 (ancienne edition), Lyon (France)
Événement : Fête des lumières
Client du projet : Ville de Lyon
Crédit Photo : JM Georges, M Subervie
C'est en 2006 à Lyon que Jacques Rival invente ce principe : enfermer un monument patrimonial dans une boule à neige monumentale. Ici, la statue équestre de Louis XIV, place Bellecour, symbole touristique photographié chaque année par des millions de visiteurs. Devenue vecteur de centralité au cœur de la place, l'œuvre acquiert une notoriété qui dépasse Lyon : Claude Chabrol l'immortalise en 2007 dans La Fille coupée en deux.





